Une mission d'évaluation de l'UE a entendu les Togolais
Une mission d'évaluation de l'Union européenne conduite par Anna Silvia Piergrossi, vient de passer une semaine au Togo, durant laquelle elle a rencontré les membres du gouvernement togolais, les partis politiques, des représentants de la société civile, et visité des coins du pays.
22 engagements auxquels s'est souscrit le gouvernement togolais le 14 avril à Bruxelles, déterminent la normalisation, par leur véritable application, des relations entre le pays et l'Union européenne, qui a suspendu depuis 1993 sa coopération avec Lomé pour "déficit démocratique". Bruxelles a décidé de dépêcher la mission de suivi au Togo pour évaluer la situation.
A la suite du décès du président togolais Gnassingbé Eyadèma le 5 février dernier, la donne politique a semblé changé avec en ajout les élections présidentielles, empreinte de violence à l'issue de laquelle est sorti l'actuel président Faure Gnassingbé.
A cette mission, la Coalition de l'opposition démocratique de cinq partis, regroupant au départ six partis politiques, a souligné que la situation actuelle du Togo est différente de ce qui était le contexte des 22 engagements et que le peu de progrès réalisé avant le 5 février 2005 s'est envolé. Elle a fait la suggestion qu'on "prenne le problème à la racine" afin d'arriver à mettre rapidement en place un gouvernement d'union nationale qui aura à organiser les élections plus tard.
La position de la Coalition a trouvé apparemment appui au niveau du Rassemblement pour le soutien à la démocratie et le développement (RSDD), dont le leader Harry Olympio, estime qu'il est important, au regard de l'évolution de la situation politique depuis le décès du président Eyadèma, de faire des "rajouts" aux 22 engagements.
Le parti au pouvoir, le Rassemblement du peuple togolais (RPT), présente ses travaux avec la mission comme ayant tourné essentiellement au tour de la reprise du dialogue nationale et s'annonce "totalement ouvert" à cet effet et prêt à y prendre part dès que le gouvernement prendra les dispositions.
Au niveau de la Convergence patriotique panafricaine (CPP), du Premier ministre Edem Kodjo, on annonce avoir fait une appréciation des efforts qui ont été faits par le précédent gouvernement pour "rendre visible un certain nombre des 22 engagements", et pense devoir tout faire pour que ces engagements deviennent une réalité, alors que la société civile indique qu' il y a eu des efforts mais beaucoup reste à faire.
Selon la mission européenne, les gens pensent qu'il faut continuer par discuter, par dialoguer sur des points essentiels pour l'avenir politique du pays. Anna Silvia Piergrossi a cependant précisé que les 22 engagements constituent le cadre du dialogue de l'UE avec le gouvernement togolais et qu'on ne peut pas le changer.
Au regard des irrégularités et des violences du scrutin présidentiel du 24 avril dernier, Mme Piergrossi relève que "les gens ne voudraient pas que cela se reproduise avec les législatives".
La mission s'est achevée le 17 juillet, et les Togolais attendent ses conclusions, s'interrogent sur sa finalité et la possibilité de normalisation totale de la coopération de l'UE avec le Togo, après la reprise partielle intervenue le 15 novembre 2004.
(Xinhua, Lomé, Togo, 19 juillet 2005)

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