Thursday, July 21, 2005

Une mission d'évaluation de l'UE a entendu les Togolais

Une mission d'évaluation de l'Union européenne conduite par Anna Silvia Piergrossi, vient de passer une semaine au Togo, durant laquelle elle a rencontré les membres du gouvernement togolais, les partis politiques, des représentants de la société civile, et visité des coins du pays.
22 engagements auxquels s'est souscrit le gouvernement togolais le 14 avril à Bruxelles, déterminent la normalisation, par leur véritable application, des relations entre le pays et l'Union européenne, qui a suspendu depuis 1993 sa coopération avec Lomé pour "déficit démocratique". Bruxelles a décidé de dépêcher la mission de suivi au Togo pour évaluer la situation.
A la suite du décès du président togolais Gnassingbé Eyadèma le 5 février dernier, la donne politique a semblé changé avec en ajout les élections présidentielles, empreinte de violence à l'issue de laquelle est sorti l'actuel président Faure Gnassingbé.
A cette mission, la Coalition de l'opposition démocratique de cinq partis, regroupant au départ six partis politiques, a souligné que la situation actuelle du Togo est différente de ce qui était le contexte des 22 engagements et que le peu de progrès réalisé avant le 5 février 2005 s'est envolé. Elle a fait la suggestion qu'on "prenne le problème à la racine" afin d'arriver à mettre rapidement en place un gouvernement d'union nationale qui aura à organiser les élections plus tard.
La position de la Coalition a trouvé apparemment appui au niveau du Rassemblement pour le soutien à la démocratie et le développement (RSDD), dont le leader Harry Olympio, estime qu'il est important, au regard de l'évolution de la situation politique depuis le décès du président Eyadèma, de faire des "rajouts" aux 22 engagements.
Le parti au pouvoir, le Rassemblement du peuple togolais (RPT), présente ses travaux avec la mission comme ayant tourné essentiellement au tour de la reprise du dialogue nationale et s'annonce "totalement ouvert" à cet effet et prêt à y prendre part dès que le gouvernement prendra les dispositions.
Au niveau de la Convergence patriotique panafricaine (CPP), du Premier ministre Edem Kodjo, on annonce avoir fait une appréciation des efforts qui ont été faits par le précédent gouvernement pour "rendre visible un certain nombre des 22 engagements", et pense devoir tout faire pour que ces engagements deviennent une réalité, alors que la société civile indique qu' il y a eu des efforts mais beaucoup reste à faire.
Selon la mission européenne, les gens pensent qu'il faut continuer par discuter, par dialoguer sur des points essentiels pour l'avenir politique du pays. Anna Silvia Piergrossi a cependant précisé que les 22 engagements constituent le cadre du dialogue de l'UE avec le gouvernement togolais et qu'on ne peut pas le changer.
Au regard des irrégularités et des violences du scrutin présidentiel du 24 avril dernier, Mme Piergrossi relève que "les gens ne voudraient pas que cela se reproduise avec les législatives".
La mission s'est achevée le 17 juillet, et les Togolais attendent ses conclusions, s'interrogent sur sa finalité et la possibilité de normalisation totale de la coopération de l'UE avec le Togo, après la reprise partielle intervenue le 15 novembre 2004.
(Xinhua, Lomé, Togo, 19 juillet 2005)


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Togo:le fils succede au pere.
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Amnesty dénonce la répression et le rôle de la France au Togo

Amnesty International a dénoncé mardi la répression au Togo lors des jours qui ont précédé et suivi l'élection présidentielle du 24 avril 2005, remportée par Faure Gnassingbé, l'un des fils de l'ancien président Gnassingbé Eyadéma.
Dans un rapport intitulé "Togo: l'histoire va-t-elle se répéter ?", Amnesty analyse les atteintes aux "droits fondamentaux" qui ont incité plus de 30.000 Togolais à trouver refuge au Bénin et au Ghana, deux pays limitrophes.
Amnesty International indique n'avoir pu établir "un bilan exhaustif" des morts, mais dit avoir établi "une liste de 150 noms".
Le rapport souligne que "le total est bien plus élevé, car de nombreux témoignages ont fait état de corps non identifiés déposés à la morgue ainsi que de cadavres enterrés sans avoir été enregistrés au préalable dans les hôpitaux ou à la morgue".
Le 13 mai, la Ligue Togolaise des Droits de l'Homme avait avancé un bilan provisoire de 811 morts.
Le gouvernement togolais avait réagi immédiatement en qualifiant le rapport de "plaisanterie de mauvais goût".
Compte-tenu de la "gravité" des informations recueillies, Amnesty réclame notamment la mise en place d'une commission d'enquête internationale, et demande aux pays accordant une aide militaire au Togo, "notamment la France", de s'assurer que les transferts en matière militaire, de sécurité et de police ne soient "pas utilisés contre la population civile".
Amnesty International rappelle que le ministre des Affaires étrangères français Michel Barnier avait jugé le 26 avril le scrutin au Togo globalement satisfaisant "malgré un certain nombre d'incidents".
Deux jours plus tard, le commissaire européen à l'Aide au développement, Louis Michel, s'était déclaré "fortement préoccupé par les violences et les exactions commises à l'encontre des civils, dans le contexte de l'élection présidentielle".
Amnesty "estime qu'il est temps que la France tire les leçons des récentes violations des droits humains commises par les forces de sécurité togolaises et exige que la promotion et la protection des droits humains deviennent une priorité des relations entre la France et le Togo".
L'organisation demande également au gouvernement français de "reconnaître sa part de responsabilité dans la crise des droits humains dans laquelle le Togo est plongé et d'agir pour mettre fin à ces atrocités".
(AFP, Paris, France, 19 juillet 2005)


Elections controversees au Togo
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Miss Fespam 2005



Edwige Grâce Madzé Badakou a été élue samedi dernier à Brazzaville Miss Fespam 2005. La miss Togo en exercice, choisie parmi les 10 Miss présentes au concours, a été plébiscitée par le jury et le public. Elle dédie sa couronne à tous les Togolais dont le pays traverse une difficile crise politique. Interview.

La nouvelle Miss Fespam s’appelle Edwige Grâce Madzé Badakou. La jeune étudiante, Miss Togo en titre, a décroché samedi, au Palais du parlement, à Brazzaville, (Congo) la couronne de reine de beauté du 5e Festival panafricain de musique (Fespam) devant 9 autres Miss du continent. Sa première pensée est allée aux Togolais qui traversent une passe difficile. A 23 ans, la charismatique et délicieuse lauréate prépare une maîtrise de management. Elle entend assurer la promotion du Fespam et militer pour une meilleure législation pour protéger les artistes.
Afrik.com : Quel a été votre premier sentiment à l’annonce des résultats ? Edwige Grâce Madzé Badakou : Cela a été évidemment une immense joie. En participant à Miss Fespam, je voulais avant tout représenter valablement le Togo. Le Fespam est un événement événementiel. Mon élection participe à faire parler de mon pays. A l’annonce des résultats, ma première pensée a été à tous les Togolais qui traversent une crise difficile. Et je voudrais mettre ma couronne sous le signe de la paix.
Afrik.com : Comment a réagi votre entourage ? Edwige Grâce Madzé Badakou : Je pensais faire la surprise à mes parents. Mais quand je leur ai téléphoné, ils étaient déjà au courant. Ils étaient très contents et ça m’a vraiment fait chaud au cœur.
Afrik.com : Que représente pour vous le concours de Miss Fespam ? Edwige Grâce Madzé Badakou : C’est un événement d’envergure internationale et la lauréate est un peu l’ambassadrice de la musique africaine, qu’on aimerait voir plus importante dans le monde.
Afrik.com : Quelle cause allez-vous défendre à travers votre mandat ? Edwige Grâce Madzé Badakou : Celle de la promotion du Fespam. J’ai fait ma petite enquête au Togo avant de venir à Brazzaville et je me suis rendue compte que peu de personnes, en dehors de ceux du milieu de la culture, ne connaissaient vraiment le Festival. Par ailleurs, je vais essayé de militer pour la protection des artistes. J’aimerai, à mon niveau, faire une requête pour une meilleure législation afin de protéger les artistes (d’abord) au Togo. Ce serait déjà une grande victoire de pouvoir faire entendre ma voix à l’Assemblée nationale.
Afrik.com : Toutes les candidates de Miss Fespam sont des Miss ou des dauphines nationales. Avez-vous vraiment conscience de participer à un concours continental ? Edwige Grâce Madzé Badakou : J’en ai profondément conscience. J’en ai d’autant plus pris conscience en voyant les autres candidates, comme Miss Côte d’Ivoire ou Miss Niger. Nous étions bel et bien concurrentes. Toutefois sans animosité.
Afrik.com : Miss Togo, Miss Fespam, quelle est pour vous la prochaine étape ? Edwige Grâce Madzé Badakou : La retraite (rire). Mon mandat de Miss Togo se termine le 27 août prochain. Je vais donc assumer mon rôle de Miss Fespam en fonction du programme d’activités que l’organisation va mettre en place.
Afrik.com : Qu’est ce qui vous a poussé à tenter des concours de beauté ? Edwige Grâce Madzé Badakou : Cela n’a jamais été un rêve d’enfance. Au contraire, j’étais plutôt une détractrice du système de Miss. Parce que je trouvais qu’une fille digne ne devait pas se mettre pratiquement nue devant des spectateurs. Mais j’ai rencontré Miss Togo 2001 (Sandrine Agbopké, ndlr), qui par son comportement m’a faite changer d’avis. J’ai d’abord été Miss Campus. Des collègues tenaient absolument à ce que je participe. Au départ, j’ai jeté la feuille d’inscription aux orties, mais devant leur insistance, j’ai fini par céder.
Afrik.com : Souhaitez-vous embrasser une carrière de mannequin ? Edwige Grâce Madzé Badakou : Absolument pas. La seule idée de défiler me fait trembler. Et puis je ne suis pas adepte des régimes, j’aime trop manger (large sourire).
Afrik.com : En tant que Miss et en tant que femme, vous devez être très sollicitée par la gente masculine. Comment faites-vous face à la situation ? Edwige Grâce Madzé Badakou : J’ai appris à comprendre que les hommes s’intéressent plus à la Miss qu’à la personne et à ma personnalité. Miss, c’est un peu de la poudre aux yeux. Même si j’étais une vieille femme édentée j’aurais du succès en tant que Miss.
Afrik.com : Etes-vous un cœur à prendre ? Edwige Grâce Madzé Badakou : (sourire) Je ne répondrais pas à cette question.
mercredi 20 juillet 2005, par David Cadasse (afrik.com)